Les spectacles vivants

elodie reglat

Les Nymphéas noirs

Animation des Nocturnes de Giverny : écriture et mise en scène d’un spectacle-déambulation à partir du roman de Michel Bussy, les Nymphéas noirs, en partenariat avec l’Office de Tourisme Nouvelle Normandie SNA, depuis 2016.

Le jour paraît sur Giverny.
Du haut de son moulin, une vieille dame veille, surveille. Le quotidien du village, les cars de touristes… Des silhouettes et des vies. Deux femmes, en particulier, se détachent : l’une, les yeux couleur nymphéa, rêve d’amour et d’évasion ; l’autre, onze ans, ne vit déjà que pour la peinture. Deux femmes qui vont se trouver au cœur d’un tourbillon orageux. Car dans le village de Monet, où chacun est une énigme, où chaque âme a son secret, des drames vont venir diluer les illusions et raviver les blessures du passé…
« On finit totalement emballé, le cœur un peu serré… Vraiment, génial ! » Ouest France

Nymphéas Noirs par ci, Nymphéas Noirs par là.

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Dans le village de Giverny, où Claude Monet peint quelques-unes de ses plus belles toiles, la quiétude est brusquement troublée par un meurtre inexpliqué. Tandis qu’un enquêteur est envoyé sur place pour résoudre l’affaire, trois femmes croisent son parcours. Mais qui, de la fillette passionnée de peinture, 

 

 

de la séduisante institutrice ou de la vieille dame calfeutrée chez elle pour espionner ses voisins, en sait le plus sur ce crime ? D’autant qu’une rumeur court selon laquelle des tableaux d’une immense valeur, au nombre desquels les fameux Nymphéas noirs, auraient été dérobés ou bien perdus.

 

Kamishibai en pleine rue

Le Kamishibaï (en japonais : 紙芝居) peut se traduire littéralement par « pièce de théâtre sur papier ». C’est une sorte de mini-théâtre ambulant. Un conteur en raconte l’histoire en faisant glisser des illustrations devant les spectateurs, dans un « butai », une petite structure rectangulaire en bois.
Le Kamishibaï que Mathilde Loisel, graveuse, et Elodie Réglat, actrice-poète, réalisent ensemble ne raconte pas une histoire à proprement parler. Il évoque l’univers domestique qu’elles ont redécouvert pendant le confinement.

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Kamishibaï pour petits et grands » car les mots et l’image peuvent laisser à tous des impressions de ce monde confiné, des empreintes relevées dans la maison, traces dont on ne saisit pas forcément tout, mais qui se gravent dansl’imaginaire.

Lien du film (Kamishibai « Au fil de la maison » : le film ! par AndMister Lucien :

https://youtu.be/71qoBz1CwvQ) et audio (radio)

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Mathilde Loisel, graveuse

Il s’agit d’une exploration des pièces de la maison, un « immeuble Yacoubian » familial, où les lieux révèlent des émotions parfois enfouies dans la frénésie de la vie moderne, parfois simples ou légères, d’autres fois plus graves ou introspectives. L’aller-retour entre le poème et la gravure est un échange d’émotions, d’idées, un lien à l’image de leur amitié. Un témoin étrange, une femme-araignée, omniprésente pendant ces long mois d’isolement, tisse un lien narratif entre les différents espaces, les pièces de la maison, les gravures et les poèmes, dans une mise en scène originale.

"La troupe Ensembl' ena"

A l’initiative d’Elodie Réglat, la troupe Ensembl’ena s’est formée en octobre 2008 avec l’ambition de réaliser un projet de théâtre au carrefour de cultures.

La volonté de créer des liens entre les cultures, via notamment le mélange des langues, est une idée chère à la metteur en scène. Elodie Réglat a en effet déjà mené un projet similaire en 2005, sous la forme d’un atelier hebdomadaire de théâtre et d’expression corporelle et vocale pour des étudiants étrangers, sur le campus de Lyon II Lumière. Cet atelier a vu son achèvement dans la création et les représentations du spectacle « Créer des liens ».

            Autour de cette idée se sont réunies des personnes souhaitant vivre ou revivre une aventure théâtrale tournée vers l’échange.

 

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La troupe dirigée par Elodie Réglat, est constituée de 11 acteurs et musiciens, Egyptiens et Français, venant d’horizons très variés, tous francophones et attirés par le théâtre. L’expérience du jeu d’acteur n’est pas au centre des priorités de la metteur en scène, qui souhaite donner à chacun la possibilité de partager ce plaisir, quelque soit son niveau.

"L'Autre" d'Andrée Chédid

Le spectacle dans sa magie

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On reconnaît le beau texte de l’auteure, française d’origine libanaise, née en Egypte. L’histoire nous est racontée dès le début : dans une ville méditerranéenne, Simm, un vieil oriental, aperçoit à la fenêtre de l’hôtel un jeune étranger. Il lui sourit. Une sorte de révélation se produit. Quelques minutes après, tout bascule dans un tremblement de terre. Au milieu des ruines, Simm emploie toutes ses forces pour retrouver celui qu’il a vu avant l’effondrement. Personne ne le croit, ni sa femme, ni une petite fille réfugiée, ni l’équipe de sauvetage… Mais il s’accroche à son rêve. Son combat, c’est la vie. 

Mêlé au lyrique, le spectacle, donne, au-delà de la charge émotionnelle, le sens de l’humanité et de la fraternité.

Elodie Réglat, metteur en scène de 28 ans, était partie de cette idée là : la rencontre interculturelle, entre un occidental et un oriental. 

Elodie mène une double carrière : professeur de FLE, sa passion pour le théâtre était toujours présente dans son enseignement : « j’ai déjà réalisé la mise en scène de divers spectacles dans des contextes scolaires ou universitaires en France. J’ai également joué dans des troupes d’amateurs« . Avec élan et enthousiasme, elle poursuit : « le spectacle est complètement une initiative personnelleNotre groupe a été formé en octobre 2008. Il comprend des Egyptiens et des Français, venant d’horizons très variés, tous francophones. 

 

Apart Aurélie, le personnage principal, les autres sont des amateurs« .

Et d’enchaîner : « au début, on s’amusait sur des textes. Seulement voilà, en écoutant une émission sur les auteurs, j’ai repéré le nom d’Andrée Chédid. L’adaptation de L’Autre résulte en fait d’un échange entre la compagnie des Tréteaux et Ensemblen’a« . Partageant la même verve, Aurélie interprétait avec brio le rôle du vieil homme. 

Elle était touchante, naturelle, charmante dans son déguisement : petite moustache, djellaba et turban. A travers le jeu, elle a pu communiquer toute l’intensité des sentiments.

Incontestablement, Elodie a parfaitement réussi son spectacle, découpant le texte en une suite d’alternance entre parties jouées

 

 

 

 

(dialogues) et lues

(poèmes) sur un fond musical, les mélodies d’El oud. Ce qui a donné un rythme et une forme à la pièce. 

Autre innovation : le parti pris de conserver le bilinguisme mais d’intervertir les langues. Ainsi, la scène se passe dans un pays oriental où la langue serait le français. L’étranger vient d’un pays où l’on parle arabe. Selon elle, »cette inversion permet de bousculer les schémas habituels, de repositionner les questionnements ». Quant au décor, l’utilisation des ombres chinoises, lors de l’apparition du jeune homme sous les gravats, est tout aussi originale. 

Nihad ATTAR (www.lepetitjournal.com) lundi 8 juin 2009.